Cohabitation
hommes et machine, quel avenir pour l’humanité ?
Notre monde connait une
transformation profonde du fait du progrès rapide de la science de la
technologie. Les avancées réalisées en la matière depuis de nombreuses
décennies sont impressionnantes. La démarche scientifique s’est continuellement
sophistiquée en adoptant des variations de plus en plus complexes. Dans divers
domaines, la science et la technologie ont ouvert de nouvelles perspectives offrant
à l’homme des possibilités multiples et illimitées. L’intelligence artificielle et la robotique,
maintenant présents dans les secteurs clé d’activités, ont contribué à la
résolution de nombreux défis de nos sociétés contemporaines. La fastidiosité
des tâches humaines peut être désormais supportée par des machines avec des
rendements plus que satisfaisants. La condition humaine s’est nettement
améliorée grâce à l’innovation et le rehaussement du potentiel de la science et
la technique. Dans un tel contexte, l’efficacité se pose comme maitre mot et
stimule la compétitivité sur les marchés
de consommation. La haute performance
engendrée par cette quête n’est toutefois pas sans conséquences pour l’homme.
Sans s’imposer une
limite quelconque, les innovations
technoscientifiques s’étendent en effet comme un vaste horizon rempli de
possibilités qui se renouvellent et se dépassent. Dans cette dynamique de la
recherche continue, les valeurs humaines les plus chères ne font plus l’objet
d’une véritable considération et sauvegarde.
C’est à leur détriment que s’effectue subtilement la cohabitation de
l’homme et de la machine dans un monde en pleine mutation. La place centrale de
l’homme dans cette complexité technologique est de plus en plus remise en cause
du fait des questions existentielles que soulèvent l’intelligence artificielle
et autres innovations. L’espace de la
vie privée qui constitue un droit individuel absolu est constamment violé par
l’industrie technologique réduisant ou presque l’homme à un simple produit
d’exploitation. Les sociétés modernes auxquelles nous appartenons sont
résolument trempées dans la dépendance à une routine qui contredit quelque fois
l’éthique et la morale humaine. Dans le monde qui s’offre désormais à nous,
l’essence de l’humanité s’amenuise au contact des exigences inconvenantes du
progrès.
Avec les dernières révolutions relatives aux procédés d’automatisation des systèmes et l’intelligence artificielle dont la plus en vogue est présentement le ChatGPT, de profonds changements sont en train de s’amorcer au niveau de la structure du travail et de ses principes fondamentaux. Il y apparait clairement une certaine stratification du monde du travail avec une réorganisation des groupes essentiels de travailleurs. Ces groupes pourraient en effet être distinctement composés d’abord de ceux qui développent et contrôlent tous les systèmes technologiques régissant les innovations de l’IA et des algorithmes qui les sous-tendent ; Ensuite des robots et automates entièrement dédiés aux chaines de production industrielle et travaux sophistiqués ; Enfin, la majorité des travailleurs qui se tourneront de plus en plus vers services affectifs et l’humanitaire. C’est d’ailleurs dans les types de travaux qui impliquent les sentiments et les émotions humaines que pourrait se créer dans le futur la plupart de nouveaux emplois pour les hommes.
Quand la cohabitation de
l’homme et des machines sera effective, la seule prérogative de l’homme qui assurera
sa supériorité et son humanité sera essentiellement l’expression de son
empathie. C’est la raison pour laquelle de toutes les valeurs humaines qui
existent, l’empathie reste la plus essentielle et la source qui alimente la
bienveillance humaine. L’empathie est en définitive ce vaste pouvoir, cette
armure impénétrable qui empêche le feu débridé de nos envies surdimensionnées
de nous entrainer dans les profondeurs d’une volupté corrompue par les uniques
tendances de l’égocentrisme et l’égoïsme absolus. C’est elle qui contrebalance
les forces de la sujétion et établit un rapport d’équilibre au sein de notre
monde en dégénérescence. Grâce à cet équilibre si éprouvé, l’humanité continue
de survivre même dans un environnement
délétère.
Evariste AOHOUI,
ASHOKA Fellow, 2023 @Ivoire Editions
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